Depuis quand se sert-on des caméras de surveillance ? Et dans quels buts à l’origine ? Si aujourd’hui la vidéosurveillance est largement répandue et utilisée par tout le monde, ce ne fut pas toujours le cas. Comme bien souvent, les hommes ont utilisé cette avancée technologique à des fins militaires. L’utilisation de la vidéosurveillance a ensuite lentement évolué pour devenir ce qu’elle est de nos jours. Il ne faut pas oublier que l’utilisation massive des caméras de surveillance a soulevé et soulève toujours de nombreuses questions juridiques et éthiques, que nous allons aborder dans cet article.

 

De 1942 à nos jours

 

Le premier système de vidéosurveillance est allemand. Il fut installé pour surveiller le lancement des fusées V-2. Ce n’est que 7 ans plus tard, en 1949 que le premier système commercialisé est lancé aux Etats-Unis. L’utilisation des caméras de surveillance à cette époque ne concernait pas un usage domestique. Il faut attendre 1969 pour que le premier système de sécurité domestique soit commercialisé. Il consistait en une caméra pouvant être dirigée vers quatre points d’observations (voir image ci-dessous). "Le problème de ces premiers systèmes est qu’il nécessite une présence humaine en permanence. Eh oui, pas moyen d’enregistrer les images à l’époque. Il faut bien entendu attendre le développement des supports tels que la cassette pour rendre l’utilisation des caméras de surveillance plus fréquent. A noter que la première ville américaine qui s’est équipée de caméras de surveillance pour la sécurité de ses concitoyens l’a fait en 1968.

 

histoire vidéosurveillance

 

En France, une politique de vidéosurveillance (bien que l’on préfère le mot « vidéoprotection ») est mise en place dès les années 1990. En 2007, d’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, le nombre de caméras « autorisées » en France est d’environ 340 000.

 

 

L’éthique et la Justice au cœur de la vidéosurveillance

 

Lorsque l’on parle de vidéosurveillance, cela est toujours connecté à des problématiques de justice et d’éthique. Par exemple, les résolutions de caméras de surveillance publiques en France sont encadrées par la loi.Il faut également faire la demande au préfecture préalablement à l'installation de caméras de surveillance dans des lieux publics. En ce qui concerne les lieux privés, il faut se référer à la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL).

De plus, des associations du type "souriez, vous êtes filmés" commencent rapidement à voir le jour et dénoncent des atteintes à la vie privée. L'autre argument qui est souvent apporté par les détracteurs des systèmes de vidéosurveillance consiste à dire que ces dispositifs ne font que déplacer la délinquance dans des zones non couvertes par des caméras au lieu de la réduire.

 

Une évolution liée aux événements historiques

 

Il y a toujours une corrélation entre l'augmentation du nombre de caméras de surveillance et des événements historiques. Par exemple, la première réelle mise en place de caméras en Angleterre dans les années 70 fait suite à des attaques de l'IRA (l'Armée républicaine Irlandaise). Aux Etat-Unis, l'après 11 Septembre 2001 fut capital dans l'augmentation des systèmes de vidéosurveillance dans le pays.

En France, le chiffre d'affaire du secteur des caméras de surveillance augmente de presque 300 millions d'euros entre 1993 et 2003. Il est évident que ce chiffre se comprends via plusieurs facteurs. D'une part le coût des caméras de surveillance qui a sévèrement chuté en une dizaine d'année. D'autre part l'avancé technologique permet une prise en main plus facile des appareils et réduit leur taille. 

 

Quel futur pour la vidéosurveillance ?

 

On pourrait penser que l'on se dirige vers une réduction, ou du moins une stabilisation du nombre de caméras de surveillance. En fait, nous allons surtout voir se développer des caméras encore plus intelligentes. Grâce à l'apparition du très haut débit (5G), les caméras pourront réagir en temps réel, sans intervention humaine et pourront enregistrer différents types de données. Par exemple, l'analyse biométrique des individus (visage, physique, démarche...) faciliterait l'identification sans avoir à s'approcher de la personne concernée. Ces projets sont déjà en préparation, comme par exemple le projet INDECT, financé par l'Union Européenne et qui vise à mettre en place des systèmes de surveillance intelligents.

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